Les femmes en Chine
La révolution communiste de 1949 fut sans doute lévénement le plus important du siècle pour lamélioration du statut des femmes en Chine.
Alors que le Confucianisme promouvait les différences sexuelles, le Parti Communiste se donnait pour but la neutralité du genre, au nom de légalité. Les noms, titres et descriptifs de poste étaient neutres ; hommes et femmes shabillaient avec des vêtements similaires dans une tentative de nier les différences sexuelles.
La participation économique était considérée comme le plus important aspect pour atteindre lémancipation des femmes. De fait, aujourdhui, la Chine a lun des plus haut taux de participation féminine au travail au monde. Pour 100 hommes au travail, la Chine compte 81 femmes, à comparer aux 52 en Corée, aux 44 aux Philippines ou aux 77 en Thaïlande.
En 1976-79, la Chine a mis en place une politique de contrôle des naissances afin de limiter le développement de sa population. Cette " politique de lenfant unique " appliquée avec plus ou moins de succès selon les régions et les périodes, a des effets " secondaires " importants : en plus de transformer la structure familiale, elle a amplifié la préférence traditionnelle pour les fils.
En 1981, une étude menée dans la province du Hubei montrait que 85 % de la population voulait au moins deux enfants. Si seulement 1 enfant était permis, seulement 2,2 % des personnes interrogées faisaient état dune préférence pour une fille.
Cette préférence pour le fils a un impact considérable sur le ratio des naissances hommes / femmes. Alors que la norme statistique varie entre 105 à 107 garçons nés pour 100 filles, en Chine ce ratio est distordu depuis le début des années 80. Ainsi, en 1981, on comptait 108,5 naissances masculines pour 100 naissances féminines. En 1990, le ratio atteignait 112,26, et au 1er octobre 1995, on comptait 116,57 naissances de garçons pour 100 filles.
Quatre raisons majeures sont citées pour expliquer la distorsion de ce ratio.
- les parents dune fille, en particulier dans les zones rurales, choisissent de ne pas déclarer leur enfant. Non enregistrées, ces filles nont pas accès à léducation, à la protection sociale ou à lemploi sur le marché officiel du travail.
- lavortement sélectif : alors que lusage de lultrason pour connaître le sexe du bébé avant la naissance est interdit par la loi, il est assez répandu.
- labandon des fillettes : elles constituent la majorité des 1,7 millions denfants abandonnés chaque année en Chine.
- linfanticide : depuis les années 80, la presse chinoise fait état périodiquement des noyades de fillettes.
Bien quil y ait eu une amélioration de lalphabétisme des femmes, le taux danalphabétisme masculin baisse plus vite que pour les femmes. En 1990, 22 % de la population des plus de 15 ans était analphabète ou semi-analphabète, dont 70 % étaient des femmes. En 1996, 25,5 % des femmes étaient analphabètes, contre 10 % pour les hommes.
Discrimination face à lemploi
Une enquête menée en 1997 par un journal officiel pour étudiants, montre que les filles diplômées de luniversité ont un taux de refus supérieur à celui des garçons sur le marché de lemploi. Les femmes représentaient 34 % de lensemble des diplômés en 1996. Cependant, lors dune foire à lemploi organisée à Pékin en 1996, sur 42 organismes gouvernementaux ayant des postes à pourvoir, 27 refusaient dinterviewer des candidates.
Pour aller plus loin :
Sur la condition de la femme :
" Women in the Peoples Republic of China ", by Kathleen M. Moktan and Ramesh Subramaniam, Country brief paper, Asian Development Bank, December 1998.
" Womens work in rural China : change and continuity in an era of reform " by Tamara Jacka, Cambridge University Press, 1997.
" Accepting population control : Chines women and the one-child family policy ", by Cecilia Nathasen Milwertz, Curzon Press, 1997.
Sur le trafic de femmes, pour la prostitution ou pour fournir des épouses aux hommes dans les zones rurales :
" Kidnap Victims Ordeal Illustrates Problem of Bride Shortage in China " in Asian Wall Street Journal, August 4, 1999.
" Splendeur et misère des croquants ", une nouvelle de Zhan Zhengwei, traduite par Françoise Naouri, in " Croquants de Chine ", Ed. Bleu de Chine, 1998.
Sur les questions démographiques :
" Persistance des problèmes démographiques en Chine " de Yves Blayo, in Population et Société
Pour une vision de la femme chinoise daujourdhui
" Défis et misères des femmes " in " La Chine en folie " (pp 69-86) de Philippe Massonet, Ed. Philippe Picquier, 1997.
Juillet 2000 Tous droits réservés